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Anticiper, c’est faire confiance à l’intelligence collective pour inventer ensemble des futurs possibles

Le 30 décembre 2010 par Saphia Richou

Le monde a basculé du Nord au Sud et ce changement de paradigme nous offre l’opportunité de sortir de nos représentations du monde formatées, aujourd’hui dépassées en révisant nos opinions, nos certitudes tout comme nos croyances économiques, sociologiques et culturelles, avec d’autant plus de facilité que nous n’avons pas vraiment le choix de faire autrement.

L’explosion de la connaissance et l’accélération du changement combinées à un déferlement d’informations aussi incessant que déconcertant, ont fait tomber en désuétude les systèmes d’information traditionnels servant de base de décision.

En 2011, le monde est multipolaire et hétérogène et les variables clés de son analyse structurelle ont changé. Ce sont les pays émergents qui dominent, produisent, possèdent le capital, poussent la croissance et décident à l’échelle mondiale. Derrière la Chine, l’Inde et le Brésil, suivent les dragons de la Corée du Sud, de Taïwan et Singapour et une noria de pays neufs émergent avec l’Indonésie, la Malaisie, l’Afrique du Sud, le Mexique et la Turquie.
L’Amérique latine et l’Afrique s’emparent, eux aussi, de la croissance et l’on constate à ce jour que la crise mondiale n’a pas eu vraiment d’impact sur leur montée en puissance. C’est tant mieux car leurs progrès économiques et sociaux ont entrainé un recul significatif de la misère dans ces régions du globe.

Si l’Europe a des difficultés à sortir de la crise et elle a surtout du mal à intégrer ce nouvel ordre mondial qui l’oblige à se réinventer en créant des institutions innovantes et en élaborant des politiques réellement européennes.

Comment la prospective peut-elle l’y aider ?
Penser l’avenir autrement en 2011 passe par notre capacité à mettre en place une intelligence collective mondiale pour préparer des futurs possibles souhaitables pour tous.

On peut définir cette intelligence collective comme une propriété émergente de synergies entre des données /des informations/des connaissances, des logiciels/des matériels et des experts (reconnus et nouveaux venus novateurs) capable d’apprendre en continu d’après les retours d’informations afin de produire des connaissances quasiment en temps réel qui permettront de prendre des décisions plus avisées que si elles étaient basées uniquement sur un seul de ces facteurs.

Fondés sur des systèmes facilitant les interactions et les échanges entre les jugements humains, les informations et les logiciels pour que chacun de ces trois composants puisse s’adapter en temps réel, les réseaux d’intelligence collective n’en sont encore qu’à leurs balbutiements.

Pourtant, des expériences de réseau d’intelligence collective commencent à voir le jour et on peut citer les travaux du Millennium Project en ce domaine avec la mise en place de la Global Change Situation Room (cellule consacrée au changement climatique) située à Gimcheon en Corée du Sud. Un chapitre du rapport State of the Future 2010 y est consacrée. Vous pourrez le lire en français puisque que le rapport annuel du Millennium Project intitulé L’état du futur est aujourd’hui disponible sur le site Internet de Lulu.com : http://www.lulu.com/browse/search.p...

Mais en attendant que se créée une intelligence collective mondiale, donnons-nous la capacité en 2011 de mettre en place notre réseau d’intelligence collective à l’échelle de notre sphère amicale, sociale et professionnelle.

Très belle et douce année 2011.

Saphia Richou
Présidente de Prospective Foresight Network

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