Accueil > Français > Millennium Project > Défis globaux > La Science et technologie

14. La Science et technologie

Le 30 octobre 2007 par Contributeur
Le monde a besoin d’un processus international afin que les ressources du gouvernement, des entreprises, du monde universitaire, scientifique, technologique et médical se cristallisent autour des huit Objectifs du Millénaire pour le Développement des Nations Unies.


Accélérer les conquêtes scientifiques et technologiques ouvre bien plus de perspectives que certains ne veulent le croire.

En conséquence, les décisions visant à appliquer des percées scientifiques pour améliorer la condition humaine font constamment défaut. Des photons ont été ralentis, puis accélérés ; des robots médicaux sont utilisés à des fins chirurgicales ; des cellules souches adultes ayant fait l’objet d’une étape de régression se sont transformées en cellules embryonnaires susceptibles de réparer des cerveaux ou d’autres parties endommagées du corps ; des signaux magnétiques ténus émis par un électron isolé enterré dans un échantillon solide ont été détectés ; des transistors organiques dotés d’une longueur de canal à une seule molécule sont à présent bien visibles ; l’existence de piles combustibles microbiennes est démontrée ; des humains avec des puces électroniques implantées dans leur cerveau ont contrôlé des dispositifs par la seule force de la pensée.

Tout comme des lignes de code furent conçues pour créer des logiciels destinés à réaliser des choses surprenantes, le code génétique peut être écrit pour créer la vie et faire des choses plus surprenantes encore, notamment produire de l’hydrogène sous forme de combustible à la place de l’oxygène à partir de la photosynthèse.

Des organes artificiels peuvent être créés en déposant des cellules vivantes, couche après couche, grâce à des imprimantes matricielles et à une méthode similaire au prototypage en 3D. Les anomalies génétiques et cellulaires associées à la schizophrénie, la dépression et d’autres maladies mentales ont été identifiées. Des disques durs de dix gigabits pour téléphones portables vont bientôt être disponibles. Des virus génétiquement modifiés peuvent être recouverts de métaux conducteurs d’électricité afin de former des nanocables qui s’auto-assemblent pour former les composantes d’une batterie. Les synergies futures entre nanotechnologies,biotechnologies, technologies de l’information t sciences cognitives devraient ouvrir de nouvelles perspectives à la civilisation.

Imaginez ce qu’apporteraient les avancées scientifiques issues de synergies entre le pharmaceutique et la biotechnologie, la biologie et les nanopuces, la physiologie du cerveau et l’intelligence artificielle, la génétique et la science de l’information.
La conjugaison de nouvelles ressources dans le domaine de la nanotechnologie, de la robotique et de la médecine aboutit finalement à des nanobots de la taille d’un globule sanguin susceptibles de pénétrer le flux sanguin, de poser un diagnostic et d’administrer une thérapeutique partout dans l’organisme, allant éventuellement jusqu’à d’améliorer l’intelligence et proposer une réalité virtuelle interne visible en 3D. A plus long terme, les phénomènes quantiques et l’enchevêtrement font l’objet d’études approfondies. Les physiciens quantiques mènent des expériences sur la téléportation de photons individuels et ont fait la démonstration d’une méthode susceptible de téléporter deux copies quasi-identiques de l’original. Les astronomes étudient les possibilités offertes par l’énergie sombre, une constante cosmologique gravitationnelle répulsive. Les facteurs qui accélèrent ces changements subissent eux-mêmes une accélération, de sorte que les 25 dernières années sembleront lentes par rapport aux suivantes.

L’explosion des moyens scientifiques dans le monde, l’externalisation de la R&D et les collaboratoires internationaux via Internet2 globalisent la S&T.
Toutefois, les risques et la globalisation des S&T sont énormes (Cfr le chapitre 3.5 du cédérom pour les scénarios globaux S&T à l’horizon 2025) et suscitent, à terme, des problèmes éthiques. Avons-nous le droit, par exemple, de nous cloner, de créer des milliers de formes de vie nouvelles et de revendiquer une souveraineté scientifique en recherche fondamentale ? (Cfr le chapitre 4 du cédérom Questions relatives à la gestion de la Science et de la Technologie).
Une réponse sérieuse sera apportée au quatorzième enjeu lorsque le financement pour la R&D sur les besoins sociétaux sera équivalent aux fonds octroyés à d’autres objectifs et lorsqu’une organisation de science et technologie internationale sera établie avec pour mission de connecter les connaissances mondiales en S&T, afin de les utiliser pour définir les priorités en matière de R&D et de législation. Un tel système pourrait accroître la capacité S&T des décideurs du monde politique et médiatique, en rassemblant les connaissances mondiales d’une manière plus conviviale pour illustrer les risques, les possibilités ainsi qu’une série de spéculations relatives à différents sujets sur une base globale.Cela pourrait faciliter des évaluations scientifiques internationales transparentes menées sur des sujets aussi controversés que la nanobiotechnologie et, chaque fois qu’elles seraient jugées faisables et souhaitables, indiquer clairement de quelle manière elles amélioreraient la condition humaine.

Actuellement, l’InterAcademy Panel, un réseau mondial de 90 académies des sciences, accroît l’accès aux informations S&T à travers le monde. Le MIT met gracieusement à disposition son matériel didactique sur internet. Tous devraient appuyer la recherche élémentaire ainsi que l’élaboration de nouveaux principes théoriques afin de générer un réservoir exponentiel de connaissances où la science appliquée puiserait son inspiration pour améliorer la condition humaine.

Préoccupations régionales

Afrique : les gouvernements africains ont promis de verser 1 % de leur PIB afin de soutenir un plan intégré de développement des sciences en Afrique ; ce plan s’étale sur les cinq prochaines années et est mené à l’initiative du Nouveau Partenariat pour le Développement en Afrique (NEPAD) qui œuvre à la création d’indicateurs scientifiques, technologiques et d’innovation destinés à contribuer au processus décisionnel national. D’aucuns espèrent que la communauté internationale débloquera 3 milliards de dollars en 10 ans afin d’instaurer des centres d’excellence en S&T. Le Conseil international de la Science (ICSU) a ouvert en Afrique un bureau axé sur la santé et le bien-être, les dangers que représentent la pollution et la déforestation, l’énergie durable et le changement climatique mondial.

Asie et Océanie : si la tendance actuelle se maintient, la Chine comptabilisera en 2010 environ 23 % des dépenses mondiales en R&D. On y recense actuellement plus de cinquante universités, vingt instituts et trois cents entreprises actives en R&D sur la nanotechnologie. Elle prévoit également d’ajouter trente parcs S&T supplémentaires d’ici à 2010. La Chine, le Pakistan et la Corée du Sud versent des primes à leurs scientifiques pour qu’ils publient dans des revues professionnelles. Il y a davantage d’ingénieurs en informatique à Bangalore que dans la Silicon Valley. Le Japon a lancé, à titre expérimental, le premier satellite Furoshiki en préparation à la fabrication et à la maintenance de satellites à énergie solaire.

Europe : des scientifiques allemands et japonais expédient des données à une vitesse record de 2,56 térabits par seconde sur une liaison d’une longueur de 160 kilomètres. La CE a entamé le projet “ Human Mind”, une recherche interdisciplinaire visant à appréhender l’essence même de l’humain par rapport à d’autres animaux. Le groupe faisait partie de la Commission de l’initiative PATHFINDER, un volet qui s’inscrit dans le sixième Programme-cadre et plus particulièrement dans les nouvelles technologies et sciences en émergence.
D’ici à 2010, l’UE prévoit d’augmenter les dépenses en R&D à 3 % du PIB et d’attirer 700.000 chercheurs supplémentaires. Plus de 500.000 scientifiques ont quitté la Russie lors des 15 dernières années.

Amérique Latine : la région consacre en moyenne 0,4 % du PIB au développement S&T, mais prévoit d’atteindre les 3 % d’ici 2010 ; elle devrait améliorer la coopération en R&D entre le public et le privé, les réseaux régionaux de recherche et les incitations financières en faveur des investissements privés en R&D au niveau local.

Amérique du Nord : la politique religieuse fondamentaliste constitue une menace pour le maintien de l’excellence scientifique des Etats-Unis. Le vieux débat opposant l’évolutionnisme au créationnisme a refait surface lors d’un procès sur “la conception intelligente”. Le juge a décrété qu’il s’agissait de créationnisme sous une autre forme, non-scientifique, et que cela ne devait pas remplacer la théorie évolutive dans les cours de science des écoles publiques. Le développement technologique pourrait devenir un “sport” de compétition (ex. le concours du MIT sur les robots). Le Tech Museum de San José offre des prix à concurrence de 250.000 dollars pour des innovations technologiques qui bénéficieraient à l’humanité.

L’état du futur 2006

National Academy of Sciences : http://www.nas.edu
International Council for Sciences : http://www.icsu.org

Participer au Millennium Project en enrichissant de votre expertise notre réflexion prospective sur la science et la technologie ou faites nous savoir si vous souhaitez être interviewé sur ce sujet en envoyant vos papiers ou un message sur ce forum
Créé et hébergé par BOOZTER Technologies. | Motorisé par SPIP 1.9.2 - un logiciel libre -