La santé

Comment réduire la menace que constituent les maladies nouvelles et réémergentes ainsi que les micro-organismes immunitaires ?

jeudi 30 décembre 2010

Parallèlement à l’accroissement de la population, on observe un recul de 30 % de la mortalité chez les enfants de moins de cinq ans entre 1990 et 2008 et une baisse de la mortalité totale provoquée par les maladies infectieuses de 25 % en 1998 à 16 % en 2008.

Dans le monde, 55 % des enfants bénéficient des vaccins fournis par l’UNICEF. Les partenariats entre la GAVI (l’Alliance mondiale pour les vaccins et la vaccination), la fondation Gates, l’OMS, l’UNICEF et la Banque mondiale ont considérablement amélioré la coopération planétaire en matière de santé au cours des dix dernières années.

La population vieillissante et de plus en plus sédentaire a fait des maladies cardiovasculaires la 1re cause de mortalité dans les pays développés et le monde industrialisé. Cependant, les maladies infectieuses occupent la 2e place et sont à l’origine d’environ 67 % des décès évitables chez les enfants de moins de 5 ans (pneumonie, dysenterie, paludisme et rougeole). L’urbanisation, les voyages, le commerce, l’exploitation de plus en plus importante des zones sauvages et l’élevage intensif permettent aux organismes infectieux de se propager à une vitesse jamais vue auparavant, d’où la crainte de pandémies.

Le virus H1N1 (ou grippe porcine) a infecté des millions de personnes dans tous les territoires et pays (214) de la planète et reviendra l’année prochaine. En dépit d’une propagation très rapide, la mortalité est restée relativement faible, raison pour laquelle l’OMS a cessé de parler de pandémie. Le virus H5N1 (grippe aviaire), pour sa part, a été fatal à la moitié des personnes infectées, s’est propagé très lentement, a subi trois mutations sur les 15 dernières années et pourrait encore muter, ce qui renforcerait son impact. Sur les 40 dernières années, 39 nouveaux virus infectieux ont été identifiés, 20 infections ont développé une résistance aux traitements et des maladies qu’on croyait éradiquées sont réapparues, notamment le choléra, la fièvre jaune, la dengue, la méningite, la fièvre hémorragique et la diphtérie.

Ces 5 dernières années, on a dénombré plus de 1 100 épidémies vérifiées. Environ 75 % des pathogènes émergents sont zoonotiques (ils passent d’une espèce à l’autre).

Quelque 33 millions de personnes sont séropositives ou souffrent du SIDA. En 2009, on a déploré 2,7 millions de nouvelles contaminations et 2 millions de décès. L’instabilité du virus et ses fréquentes mutations ont pour l’heure empêché l’élaboration d’un vaccin efficace, en dépit des 800 millions de dollars consacrés à la recherche. Le SIDA reste donc incurable, il ne peut qu’être stabilisé temporairement et est devenu résistant à de nombreux médicaments. Le pic de contamination a été atteint à la fin des années 1990 et le pic de mortalité est survenu en 2004, pourtant, faute d’une prévention plus efficace, les prévisions tablant sur 2,3 millions de nouveaux cas par an pourraient se vérifier jusque dans les années 2030. On estime que le partage de seringues chez les toxicomanes constitue un risque de transmission trois fois plus important que les rapports sexuels ; la circoncision pourrait réduire le risque de 50 % et, dans la mesure où le virus traverse la barrière placentaire et passe dans le lait maternel, les traitements préventifs sont d’une importance capitale.

Si l’attention médiatique s’est concentrée sur des épidémies marginales comme l’Ebola ou la fièvre du Nil occidental, les vraies catastrophes sanitaires sont la schistosomiase (200 millions de cas), la dengue (50 millions de nouveaux cas chaque année), la rougeole (30 millions de cas par an), l’onchocérose (18 millions de cas en Afrique), la typhoïde et la leishmaniose (env. 12 de morts chacune tous les ans), les rotavirus (600 000 décès d’enfants chaque année) et la shigellose, chez l’enfant (600 000 victimes par an).

Environ la moitié de la population mondiale est menacée par plusieurs maladies endémiques cependant que le changement climatique modifie la répartition géographique des insectes et des infections. La température a tendance à stimuler la reproduction vectorielle, le cycle de développement des parasites et la fréquence des piqûres, on peut donc s’attendre à une propagation du paludisme, de l’encéphalite à tique et de la dengue.

L’hépatite B touche jusqu’à 20 milliards d’individus. La tuberculose n’a jamais été aussi répandue (2 millions de morts et 9 millions de nouvelles contaminations en 2009) mais, sur les 15 dernières années, 43 millions de cas ont été traités, avec une guérison totale pour 36 millions. En 2009, le paludisme a tué 863 000 personnes (dont 80 % d’enfants de moins de 5 ans vivant en Afrique sub-saharienne), mais 38 pays (dont 9 en Afrique) ont enregistré une diminution de plus de 5 % du nombre de cas de paludisme entre 2000 et 2008. Un regain d’optimisme et une nette augmentation des fonds destinés à la lutte contre la maladie ont conduit à appeler à son éradication pure et simple.

Pour lutter contre le bioterrorisme, les efforts de R&D se sont concentrés sur des biocapteurs améliorés et des vaccins généraux capables de doper le système immunitaire pour contrer toute infection potentiellement mortelle. De tels vaccins pourraient être répartis de par le monde comme de véritables « extincteurs biologiques ». On s’est aperçu que certains petits virus attaquaient des virus plus virulents, ce qui ouvre de nouvelles perspectives en matière de traitements. Les laboratoires de biologie synthétique risquent toutefois de poser de nouveaux problèmes dans un futur plus ou moins proche.

Parallèlement, il faudrait renforcer les personnels de santé d’au moins 4,3 millions de personnes à l’échelle planétaire, et ce manque ne fait que croître. Les gens vivent de plus en plus longtemps et le coût des soins de santé augmente, ce qui rend de plus en plus nécessaire le recours à la télémédecine et à l’autodiagnostic via des capteurs à biopuces et des services d’experts en ligne.

A l’heure actuelle, les meilleures armes contre les maladies infectieuses restent un dépistage précoce, un signalement précis, une isolation rapide, la transparence des informations, un investissement accru pour l’accès à l’eau potable, l’assainissement et l’hygiène des mains. Le Règlement sanitaire international pour lutter contre les menaces de type SRAS (syndrome respiratoire aigu sévère), les programmes de vaccination et les systèmes eHealth de l’OMS, ainsi que le GOARN (réseau mondial d’alerte et d’action en cas d’épidémie), constituent des réponses internationales à ces défis. Les scientifiques travaillent pour mettre au point un moustique génétiquement modifié qui ne serait pas porteur du paludisme.

Une meilleure sécurisation des échanges commerciaux sera nécessaire pour éviter la propagation des maladies transmises par l’alimentation ou les animaux. L’incidence virale chez les animaux est cartographiée en Afrique, en Chine et en Asie du Sud pour contenir les épidémies avant qu’elles ne touchent l’homme. Les applications futures des données génétiques, des logiciels et des nanotechnologies permettront de détecter et de traiter les maladies au niveau génétique ou moléculaire.

Si les aviculteurs asiatiques étaient financièrement encouragés à remplacer leur activité de vente d’animaux vivants sur les marchés (source de certains virus) au profit de produits congelés, les pertes humaines et l’impact économique annuels pourraient être réduits.

CONSIDERATIONS REGIONALES

AFRIQUE : L’Afrique représente seulement 11 % de la population mondiale, mais elle concentre 25 % des malades, seulement 3 % des personnels de santé et 1 % des dépenses de santé. En 2009, l’Afrique sub-saharienne comptait 66 % des séropositifs et 75 % des victimes du SIDA. Elle a l’une des plus mauvaises épidémies de tuberculose au monde aggravée par la résistance aux médicaments et la hausse des co-infections. Bien que la prévalence et l’incidence du VIH et du SIDA continuent de reculer en Afrique, le nombre de victimes parmi les experts est tel qu’il freine le développement africain. La proportion de patients bénéficiant d’un traitement par antirétroviraux, compris entre 1 % et 2 % en 2003, est passée à 48 % en 2009.

ASIE ET OCEANIE  : La Chine est l’un des épicentres des nouvelles épidémies. Des foyers de grippe aviaire ont été signalés en Chine, au Vietnam et en Indonésie en 2009 et des milliers de cas d’infection au virus H1N1 (grippe porcine) ont été recensés dans la région. La Chine a réagi avec un programme de vaccination massive d’une ampleur et d’une rapidité jamais vues. Elle va d’ailleurs dépenser 125 milliards de dollars dans les prochaines années pour réformer son système de santé. Bien que les statistiques globales pour la région soient sujettes à caution, au moins 5 millions de personnes sont séropositives ou malades du SIDA et, avec la propagation du virus en Inde et en Chine, ce chiffre pourrait atteindre 10 millions dans quelques années. En 2008, l’espérance de vie à la naissance était de 82 ans au Japon, de 73 ans en Chine et de 84 ans à Macao.

EUROPE  : Le vieillissement de la population européenne continue de peser lourdement sur les services de santé publics. Depuis 1990, la mortalité infantile chez les moins de 5 ans a été réduite de moitié et la mortalité en couches de 25 %. Après 40 ans de recul, la tuberculose fait de plus en plus de morts en Europe, notamment du fait de la propagation du VIH et du SIDA en Europe de l’Est qui touche essentiellement les toxicomanes. Le gouvernement russe a accordé un soutien particulier aux programmes de prévention du VIH de l’ONG Vision du Monde.

AMERIQUE LATINE  : La région a la meilleure espérance de vie parmi les zones en développement (75,5 ans en 2008). L’épidémie de VIH/SIDA reste stable avec 2 millions de malades et une prévalence de 0,6 %, alors que près de 60 % des malades ont accès à des antirétroviraux. Depuis 1996, le Brésil a instauré la gratuité des antirétroviraux, ce qui a considérablement réduit la mortalité liée au SIDA, a prolongé l’espérance de vie des personnes atteintes, a permis une économie de 2 milliards de dollars en frais médicaux et a maintenu la prévalence à 0,6 %. Des pays plus petits tels que le Belize, le Guyana et le Suriname présentent des taux de prévalence compris entre 2,1 et 2,5 %. En Haïti, ce taux est tombé de plus de 6 % à 2,2 % en dix ans. Les maladies tropicales trop souvent ignorées (vers intestinaux, maladie de Chagas, schistosomiase, trachome, dengue, leishmaniose et onchocérose) touchent 200 millions de personnes en Amérique latine.

AMERIQUE DU NORD  : En juin 2009, les réseaux de surveillance de la grippe ont révélé que les Etats-Unis comptaient près de 28 000 cas avérés de « H1N1 /09 » et 127 décès dus à la maladie, alors que des modèles mathématiques laissaient à penser qu’en réalité, 1 million d’Américains souffraient de cette grippe pandémique. 1,2 million de personnes sont séropositives aux Etats-Unis et 73 000 au Canada. Environ 33 % des enfants américains sont en surpoids ou obèses et une étude a montré que les 8-18 ans passaient en moyenne 7,5 heures par jour devant des écrans. Les principales causes de mortalité sont les pathologies cardiaques et le cancer. En Amérique du Nord, la recherche génétique et moléculaire fera évoluer la prévention, le diagnostic et le traitement de nombreuses maladies. Les déplacements de plus en plus fréquents et les aliments venus de loin induisent un risque d’infections « importées ». Des jugements fondés sur les recherches de la Mayo Clinic ont écarté tout lien entre la vaccination et l’autisme ou d’autres troubles mitochondriaux connexes, ce qui devrait tordre le cou aux idées reçues concernant les vaccins et l’autisme.

Pour commander la version française du rapport annuel State of the Future 2010 , l’état du futur 2010 :http://www.lulu.com/browse/search.p...

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Epidémie mondiale de VIH

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