En 2010, faites confiance à la prospective, à la créativité et à la sérendipité pour imaginer ensemble d’autres futurs possibles

vendredi 1er janvier 2010

2010 est une année de référence pour les prospectivistes si on la juge au nombre de rapports de prospective réalisés à cet horizon.

2010, c’est la fin de la première décennie du XXIe siècle mais c’est encore assez loin de 2025 ou de 2040 beaucoup plus complexes à anticiper, surtout après une année 2009 durant laquelle les spécialistes de l’anticipation ont manqué cruellement de pertinence et de vision anticipatrice ou sciemment ont préféré se taire.

Comment en est-on arrivé là ? s’interroge le prospectiviste.
Avons-nous réduit à ce point le champ des possibles des sujets et des systèmes que l’on étudie ? Notre lecture des impacts croisés de nos variables clés aurait-elle manqué d’audace et d’hardiesse ? Etre seul à crier au feu alors que personne ne voit encore l’incendie relèverait-il aujourd’hui d’un courage d’un autre siècle ?

Il semble, en effet, que de nombreuses lacunes et une majorité de problèmes ne découlent pas d’un manque de savoir faire, de technologies ou de ressources mais sont enracinés dans les décisions de la société - ou l’absence de celles-ci.
Si notre capacité à imaginer les futurs possibles nous pousse sans cesse à innover, il nous faut reconnaître que nous privilégions souvent dans nos efforts d’anticipation la recherche de ce qui nous intéresse ou nous manque, oubliant qu’autour de nous beaucoup trop de personnes n’ont toujours pas accès aux vaccinations de base, à un toit pour dormir ou à l’eau pour survivre, alors même que certaines avancées sociales, économiques ou réglementaires pourraient être déjà là si collectivement nous le voulions réellement.

Heureusement que, bien loin des Madoff et autres spéculateurs de tout poils, de nombreux citoyens à travers le monde œuvrent déjà au quotidien pour voir plus loin, plus large et de manière plus solidaire.

Que se disent-ils pour avancer vers un monde plus harmonieux ? :
Qu’avons-nous appris de l’expérience des 365 jours de l’année 2009 ?Quels sont les succès que nous devons continuer et affiner en 2010 et quels sont les échecs, nous devons éviter de réitérer ? Que nous faut-il améliorer, transformer ou interrompre ?

En 2010, nous avons forcement plus de connaissances, des outils plus performants et de meilleures chances qu’en 2009 pour vivre tous décemment et anticiper ensemble l’avenir. Nous avons nos méthodes rigoureuses d’aide à la décision, nos outils de créativité et pouvons aussi faire appel à la sérendipité.

Mais rappelons-nous souvent durant toute cette année qu’après avoir exploré les futurs possibles, il nous faudra décider de ce que nous allons faire avec notre savoir et nos ressources.

Nous devrons alors en être responsable dès demain et jusqu’en 2025 ou 2040...
Et, peut-être bien, pour plus longtemps encore...

Saphia Richou

Présidente de Prospective Foresight Network
Millennium Project French Node